Histoires d’enfants & Jeux d’adultes

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Devant une école des enfants jettent des projectiles sur les fenêtres d’une classe.

Pierres, bâtons, pétards.

Tous ce qu’ils ont sous la main ils le balance avec rage.

Un écolier à l’intérieur a l’oreille en sang.

D’autres ont été blessés plus gravement les jours précédents.

Une institutrice excédée par les provocations de rejetons turbulents.

sort un tazzer et commence punir les fautifs un a un.

Des hurlements fusent des petits corps.

Certain gisent au sol les yeux grands ouverts.

C’est le tumulte devant l’école.

Des plus grands viennent soutenir les enfants.

Plusieurs collègues partisans reçoivent des projectiles

Mais aussi ceux qui essaient de la raisonner.

Il n’y a plus ni enfants ni d’adultes mais un brouhaha de poussière et d’éclairs.

A la fin de la journée la nouvelle est sur toutes les lèvres.

Les familles des victimes de tout bord réclament vengeance.

Des leaders émergent et échauffent les esprits déjà survolés.

 

Du côté de l’école, une réunion est en cours

Le principal soutien ses collaboratrices.

Il déclare que pour protéger les enfants de l’école,

les représentants de l’ordre ont tous les droits.

Ils n’ont que trop subit les agressions d’enfants manipulés par des plus grands.

Sous l’œil approbateur du recteur, le principal déclare.

« Demain nous nettoyons les abords de l’école

Tout danger mettant en péril la sécurité de nos enfants sera éliminé. »

 

A deux pas dans une maison, c’est la réunion de l’autre camp.

On pleure les innombrables victimes.

On met en avant l’injustice de cette école.

Elle qui s’est implantée sur un ancien terrain de jeux public.

Mais qui refuse d’accueillir les enfants du quartier.

Les enfants qui n’ont pas d’autres activités veulent déjà retourner en découdre.

Des plus âgés tout aussi libres approuve le projet.

Et le combat reprend de plus bel le lendemain.

L’Ecole est bien mieux armée et préparée que la bande de gamins en colère.

Ces derniers payent donc un plus lourd tribut.

Mais chaque victime génère 10 nouveaux combattants criant vengeance.

Comme ils n’arrivent pas à pénétrer l’école,

ils s’attaquent d’abord à tout membre de l’éducation national dans la ville.

Puis à tout porteur d’uniforme d’où qu’il vienne.

Un mur est érigé.

Du soutient et des armes arrivent de toute part.

Les larmes et le sang coulent des deux cotés.

 

Ailleurs on a commencé par juger.

Puis des débats et des analyses ont été lancés.

On a gagné du temps en justifiant l’inaction avec des enquêtes très pointues.

On a surtout armé chaque camp de la main droite

Et lancé des leçons de morale en pointant le doigt gauche.

Enseignants officiels, enfants des rues non reconnus.

Nul n’est si innocent.

Chacun à des preuves de l’horreur causée par « les autres ».

Chaque crime deviens un symbole.

 

Après des décennies d’affrontements.

L’école est passé experte en attaque et en défense.

Elle a un budget, des formateurs, des armes

et un redoutable service de communication.

Pourtant elle ne gagne pas.

Les gamins des rues ont grandis,

La guérilla n’a plus de secrets pour eux ainsi que pour leurs recrues.

Moins d’argents mais plus de motivation.

S’ils payent un tribut plus lourd, leur armé riposte encore.

Les cibles sont à leur image: multiples et civiles.

Le directeur est depuis bien longtemps mort paisiblement dans son lit douillet

Mais sa femme de ménage et son garagiste ont été massacrés de son vivant.

 

Chacun parle du conflit comme s’il avait démarré récemment.

Pourtant les années de haines attisées par tous d’écoulent tranquillement.

On tient des comptes à chaque escalade.

Des ados assassinés, une femme enceinte écrasée, un vieillard amputé, des pèlerins pulvérisés.

Tellement d’autres happés par une bataille qui les a surpris dans leur quotidien.

Et certains trépassent même en direct sous les yeux ébahis des contemporains.

 

Un jour devant leurs écrans, une silhouette enfantine et fluette leur apparaît.

Blasés, ils n’y prêtèrent pas attention.

Elle reste muette tout en observant chacun de ses yeux perçants.

Les minutes passent.

Le silence contamine l’intégralité des supports de communication.

Et la peur gagne les cœurs à l’échelle planétaire.

Personne ne peut expliquer ce qui se passe.

 

Puis, sa petite voix calme trancha le silence.

Créant une seconde à peine de soulagement.

« Vous êtes aussi coupable que ceux qui se battent.

Vous acceptez d’être les témoins de la situation actuelle.

Vous tolérerez une fois de plus l’inefficacité de vos dirigeants.

Dirigeants que vous avez élus pour la très large majorité.

Vous vous laissez berner par une propagande grossière:

Les exactions des uns vous permettent de justifier les crimes des autres.

Vous vous enlisez dans des débats stériles sachant que

chaque jour apporte son lot de morts.

Combien d’entre vous ignore volontairement la situation?

 

Ils voulaient se battre?

Vous avez laissé faire.

Ils voulaient ce haïr.

Vous avez laissé faire.

Maintenant,

Vous allez régler le problème avant de devenir les victimes

de ce conflit qui n’a que trop duré.

 

Voici les règles de mon jeu.

1 – Définir un territoire pour chacun.

2 – Reconnaître les crimes de chacun

3 – Donner les nouvelles règles du jeu

4 – Punir sévèrement des contrevenants

5 – Organisez la vie entre les deux partis

 

Vous saviez qu’ils devraient se tourner vers l’avenir.

Vous saviez que la situation n’allait pas s’arranger d’elle-même.

Vous savez que la vengeance n’apporte que plus de souffrance.

 

Je vous conseille de suivre les règles de mon jeu.

Ou vous allez tous perdre… »

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